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Mieux connaître les Petits Frères des Pauvres

Rencontre avec Yann Lasnier, Délégué général de l’Association Petits Frères des Pauvres

Article publié le 05/03/2021

Depuis 1946, les Petits Frères des Pauvres luttent contre l’isolement et la solitude des personnes âgées, prioritairement les plus démunies. Elle est l’association la plus importante, avec sa Fondation et ses établissements, spécialisée sur les problématiques de l’isolement des personnes âgées. Quelles sont ses actions ? Comment les soutenir ? Rencontre avec son délégué général, Yann Lasnier.

Yann Lasnier cap

Quelle vision anime l’association Petits Frères de Pauvres ?
L’association Petits Frères des Pauvres, qui fête ses 75 ans cette année, est engagée depuis sa création aux côtés de ceux qui en avaient le plus besoin au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, à savoir les « vieillards » selon le langage de l’époque. Les dispositifs de retraite n’existaient pas, or certains d’entre eux vivaient dans le dénuement le plus total. L’association a depuis toujours eu à cœur d’agir auprès des personnes âgées.

Sur quelles actions mettez-vous aujourd’hui l’accent pour lutter contre l’isolement de nos aînés les plus fragiles ?
Les chiffres que nous documentons chaque année sont affolants ! 300 000 personnes âgées sont en état de « mort sociale », c’est-à-dire qu’elles ne rencontrent quasiment jamais ou très rarement d’autres personnes (réseau familial, amical, voisins, réseau associatif). L’équivalent de la population d’une ville comme Nantes ! Plus de 3 millions de personnes de 60 ans et plus sont en risque d’isolement relationnel. Notre premier rôle est de mobiliser l’opinion publique et de favoriser une prise de conscience afin que chacun, à son niveau, agisse de manière fraternelle, simple, désintéressée. Alerter l’opinion, en complément de la prise en charge par nos bénévoles de personnes âgées isolées est, ainsi, au cœur de notre engagement.

Dans quelle situation les personnes âgées que soutiennent les Petits Frères de Pauvres se trouvent-elles aujourd’hui du fait de la pandémie ?
Notre étude à la suite du premier confinement a montré que 720 000 personnes âgées n’ont eu aucun contact avec leur famille durant le confinement. Et 650 000 personnes âgées n’ont eu aucun confident.
L’impact sur leur santé morale a été négatif pour 41 % des personnes âgées et sur leur santé physique pour 31 % d’entre elles.

Quel rôle les bénévoles de l’association Petits Frères de Pauvres jouent-ils auprès de nos aînés en situation de précarité ?
Nous sommes d’abord une association qui agit par ses bénévoles. Nous avons plus de 13 000 bénévoles qui accompagnent un peu plus de 30 000 personnes dont près de la moitié a plus de 80 ans. Ils agissent sur le terrain pour recréer des relations de qualité. Il s’agit en effet de nouer une relation engagée et fraternelle avec une personne. Cela signifie par exemple s’appeler une fois par semaine, prendre un café ou un goûter... Noël est aussi un temps fort pour Les Petits Frères des Pauvres. C’est une période ou la solitude est plus durement ressentie. Nous proposons aussi des activités collectives comme des sorties, l’occasion de rencontrer d’autres personnes âgées accompagnées par Les Petits Frères des Pauvres. Enfin, notre engagement est d’accompagner nos aînés, s’ils le souhaitent, jusqu’à la fin.

Comment adaptez-vous vos actions au contexte de la pandémie ?
Nos bénévoles ont dû se réinventer. D’abord avec le téléphone qui reste un outil important pour les personnes âgées que nous accompagnons, qui ont en moyenne 80 ans. Notre dispositif d’écoute anonyme gratuit « Solitude Écoute » a une utilité sociale incontestable dans le contexte actuel.  15 000 appels en plus ont été enregistrés en 2020. Des équipes se sont également spécialisées dans l’accompagnement par téléphone. Avec l’aide d’entreprises, nous avons ainsi doté beaucoup de nos bénévoles et des personnes accompagnées de tablettes numériques.

Et l’hiver…
La grande précarité est un autre volet de notre activité. Les Petits Frères des Pauvres proposent un accompagnement au vers le logement pour des personnes mal logées ou sans domicile fixe.Nous les aidons également à recharger leurs droits. Malgré les amortisseurs sociaux dont bénéficie la France, le « tsunami » social à venir va générer une bascule dans la pauvreté. Pour des dizaines de milliers de personnes, nous ne pourrons rester sans agir. 

30 maisons des Petits Frères des Pauvres accueillent nos aînés les plus vulnérables, à quoi servent-elles ?
Nous avons tout d’abord des maisons de vacances un peu partout sur le territoire qui sont ouvertes aux personnes accompagnées. Et nous allons développer des programmes de vacances adaptés aux personnes âgées car nous nous battons aussi pour le droit aux vacances de nos aînés. Nos pensions de famille permettent par ailleurs aux personnes en situation de grande précarité de retrouver une stabilité sociale. Nous en avons une à la Seyne-sur-Mer et une autre à Bormes-les-Mimosas. Nous avons également des « résidence autonomie », (établissement médico-social). Ainsi que des « petites unités de vie qui sont des petites structures. L’idée est toujours de proposer des structures à taille humaine. En lien avec la Fondation des Petits Frères des Pauvres, qui possède un patrimoine immobilier sur le territoire, nous allons ainsi créer de nouvelles solutions de logement pour lutter contre l’isolement social. À Beauvais, par exemple, nous avons innové avec une colocation de 6 personnes atteintes de troubles neurodégénératifs dont la maladie d’Alzheimer. L’adaptation de logements est aussi un vaste champ d’innovation à explorer dans les prochaines années.

Quelle est la part des dons effectués au profit des Petits Frères de Pauvres qui sont directement consacrée à nos aînés ?
L’association des Petits Frères des Pauvres est reconnue d’utilité publique. Cela donne lieu à des contrôles réguliers de la part des autorités. Au-delà de ce statut, l’association est agréée par le « Don en confiance » ce qui garantit la bonne utilisation des dons qui nous sont faits. C’est un gage de transparence et de probité. Nous consacrons ainsi 76 % de nos ressources à nos missions sociales. 12 % de nos ressources sont consacrées au frais de recherche de fonds et 12 % aux frais de fonctionnement. Nous veillons à ce que ces derniers soient les plus bas possibles.

Quel est le moyen le plus efficace d’aider les Petits Frères de Pauvres ?
Le legs représente près de 46 % des ressources de l’association. C’est notre première ressource, avec près de 33 millions d’euros de legs chaque année. C’est aussi, une manière, pour des bienfaiteurs qui ont souvent été auparavant des donateurs, d’inscrire la continuité de leur générosité dans le temps. Nous nous comportons comme des héritiers et prenons un soin tout particulier des biens qui nous sont légués. Nous avons d’ailleurs un lieu de stockage du mobilier successoral et organisons des ventes solidaires tout au long de l’année dans toute la France pour valoriser les biens qui nous sont confier.

Comment accompagnez-vous vos bienfaiteurs dans leurs démarches juridiques et fiscales liés aux dons ou legs, qui sont parfois complexes ?
Nous avons développé un savoir-faire reconnu tant en matière de legs que de dons. Nos services « Relations Testateurs » et « Relations donateurs » peuvent ainsi répondre à toutes les questions sur les différentes manières d’exprimer sa générosité. Sur les legs, les assurances-vie, les donations temporaires d’usufruit ou les dons de titres notamment.  

Comment les entreprises peuvent-elles s’engager à vos côtés ?
Nous développons le mécénat et différentes formes de partenariats avec les entreprise  (les arrondis en caisse, les « produits-partage », le mécénat de compétence(1)…). Dans le cadre de notre partenariat avec les jus de fruit Innocent, par exemple, nous avons des tricoteuses bénévoles qui confectionnent plus de 500 000 bonnets par an pour orner les petites bouteilles de jus de fruit. Grâce à cette opération, Innocent nous reverse ainsi 20 centimes par petits bonnets. En 2020 cette opération nous a permis de récolter plus de 100 000 euros. Le mécénat d’entreprise est aussi une manière pour nous de mettre en mouvement la société en la sensibilisant à la situation de nos aînés isolés. Nous avons également une équipe dédiée au mécénat d’entreprise qui les aide à concrétiser leur projet.


(1) Mise à disposition du temps de travail de collaborateurs sur une mission d’intérêt général.

Vous souhaitez agir pour lutter contre l’isolement des personnes âgées ou obtenir de plus amples informations ? Complétez ce formulaire pour être recontacté et bénéficier d’un accompagnement personnalisé dans votre projet de transmission.
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