Le leader mondial des processeurs a publié de meilleurs résultats que prévu pour le troisième trimestre ainsi que des prévisions optimistes pour le quatrième trimestre. Pas de quoi rassurer face à la crainte d’une « bulle » de l’IA (intelligence artificielle).
Nvidia a publié mercredi 19 novembre ses résultats du troisième trimestre, clos fin octobre. L’entreprise a vu son chiffre d’affaires bondir de 62% sur un an (données publiées), à 57 milliards de dollars. Soit près de 2 milliards de plus que les anticipations de Wall Street. Dans le même temps, son résultat opérationnel s’est établi à 36 milliards de dollars, en hausse de 65% sur un an. Conséquence directe de ces super profits, le bénéfice net par action s’est établi à 1,30 dollar, en hausse de 67% sur un an.
Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a également annoncé une fin d’année en fanfare pour l’entreprise, se félicitant de l’épuisement des ventes de leur nouvelle puce destinée au « Cloud ». Il anticipe une nouvelle hausse de 65% des revenus sur un an au quatrième trimestre, à 65 milliards de dollars, soit 3 milliards de mieux qu’attendu.
Ces annonces ont permis au titre de Nvidia de se valoriser de 5% jeudi 20 novembre 2025. Mais le marché s’est ensuite retourné, inquiet quant à la formation d’une « bulle » spéculative autour de l’IA, et le titre a finalement perdu 3% au cours de la même séance.
Il faut dire que les signaux d’une possible « bulle IA » se multiplient : survalorisation des entreprises du secteur, concentration des acteurs, etc. Cette situation pousse certains grands investisseurs à se désengager. Le fonds de Peter Thiel a par exemple vendu toutes ses positions Nvidia au troisième trimestre. D’après des données de Bloomberg, sur 909 hedge funds analysés, 161 ont augmenté leur participation à Nvidia entre juillet et septembre, tandis que 160 l’ont réduite, signe d’un marché très partagé.
Les institutions partagent cette prudence. La Banque Centrale Européenne (BCE) met en garde contre les risques associés aux modèles économiques fondés sur l’IA. La concentration du secteur interroge, Nvidia multipliant des accords parfois qualifiés de consanguins, notamment un accord de 100 milliards de dollars avec OpenAI.