Après une hausse de 96% des immatriculations entre 2019 et 2023 selon les données de Businesscoot, la voiture sans permis continue sur sa lancée. La France reste le leader en Europe en la matière et concentre plus de la moitié des immatriculations du Vieux Continent. Qui sont les conducteurs de ces voitures ? Qui détient la pole position du marché ? Quelles voitures sans permis ont le vent en poupe ? Combien coûtent-elles ?
Qui arrêtera les voitures sans permis (VSP) ? Après une hausse de 96% des immatriculations entre 2019 et 2023 selon les données de Businesscoot, la dynamique se poursuit en 2024. 31 368 unités vendues soit une hausse de 137,1% par rapport à 2023. Des chiffres faisant de la France le premier marché européen de la voiture sans permis.
Le développement de l’électrique joue un rôle important dans ce succès. En 2023, 44% des nouvelles immatriculations de VSP étaient électriques, contre seulement 5% en 2019, rappelle Businesscot. Le marché est d’ailleurs tenu par une poignée de marques. Aixam, reste le leader avec 33,9% de part de marché, suivi par Citroën (29,3%) et Ligier (18,5%). À eux seuls, ces trois acteurs représentent 80% du marché des VSP.
Ces voitures, bridées la plupart du temps à 45km/h ou 55 km/h, coutent bien moins chères qu’une voiture classique. La Myli diesel équipée d’un moteur REVO+ de Ligier coûte 12 999 euros et va jusqu’à 13 949 euros pour le modèle électrique. A contrario, le prix moyen d’une voiture neuve en France est estimé à 37 000 euros. Selon une étude publiée en 2025 par le club automobile Roole, en 6 ans, le prix des voitures neuves a bondi de 40% ! De quoi décourager les acheteurs…
Ce type de véhicule s’avère compétitif avec un prix d’achat très inférieur même en y ajoutant le coût d’entretien annuel. Par exemple, les voitures sans permis diesel : entre la vidange moteur, le remplacement des filtres à huile et à air, des pneumatiques et des plaquettes de freins, les conducteurs en ont en moyenne pour 400 à 500 euros. Pour les voitures électriques, cette somme est plus faible. Entre 200 et 300 euros. Or, pour une voiture standard, le coût d’entretien annuel va de 800 à 1700 euros.
Les voitures sans permis attirent également un public plus jeune. Au premier semestre 2025, plus d’un tiers des 10 015 VSP mises à la route en France concernaient des mineurs entre 14 et 18 ans, titulaires du seul permis AM (ex-BSR). Le véhicule remplace ainsi le scooter dans le cœur des jeunes.
Ce rajeunissement participe au nouveau positionnement marketing des constructeurs. Ces dernières mettent en circulation des modèles plus modernes avec de la technologie embarquée. C’est le cas de la Citroën Ami, proposée à la vente pour un prix évoluant entre 8000 et 10 000 euros. Ce modèle domine par ailleurs le marché de la voiture sans permis électrique avec 65 000 modèles vendus l’an dernier.
Si le permis B n’est pas requis pour conduire une voiture sans permis, il est nécessaire d’avoir le BSR (Brevet de sécurité routière), correspondant à la catégorie AM du permis de conduire. Ce dernier autorise la prise en main d’un quadricycle léger à moteur dès l’âge de 14 ans. Le BSR s’obtient après une formation de 8 heures : une révision théorique des bases du code de la route et 4 heures de conduite en circulation et hors circulation. Les usagers doivent respecter le code de la route et s’exposent à des sanctions en cas d’infractions. Si aucun point n’est retiré, un juge peut interdire l’usage du véhicule en cas de récidive. Le conducteur peut aussi être inscrit au fichier des personnes interdites de conduire, et, en cas de contrôle positif à un test d’alcool, la voiture se voit immobilisée par la police.
Ces voitures n’ont pas le droit de rouler sur la voie rapide, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 1500 euros. Il est interdit de les débrider sous peine d’un an de prison, d’une amende allant jusqu’à 7500 euros et de l’annulation du contrat d’assurance en cas d’accident. Il convient d’être prudent, même en voiture sans permis. Si les accidents restent moindres comparés aux voitures traditionnelles, du fait de leur faible nombre en circulation, ils n’en demeurent pas moins dangereux. Selon les données relatives aux accidents corporels enregistrés par les forces de l'ordre, au cours de la période 2019-2023, on dénombre 2502 accidents impliquant une voiturette à permis AM. Ces accidents, dont 107 mortels, ont entraîné parmi les usagers de ces véhicules 99 décès et 1643 blessés. La très large majorité des usagers de voiturettes tuée dans les accidents mortels impliquant ce mode de déplacement s’avère les conducteurs eux-mêmes. Ils représentent 87 des 99 victimes au total, soit 88% ! L’évolution récente indique une hausse préoccupante des décès en VSP en 2024 (+48 % d’après l’ONISR, soit 34 décès).
Les constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour se démarquer sur le marché afin de proposer des voitures toujours plus innovantes, sans jouer sur la vitesse. Les modèles de chez Eli, le Tesla de la voiture sans permis, propose les véhicules les plus avancés. L’autonomie des voitures est de 100 km et la recharge de 2h30 pour les modèles électriques. La Eli Zero est garantie sans émission carbone. Son look futuriste et son toit ouvrant visent à conquérir les plus jeunes. Le véhicule est proposé à la vente pour 9000 euros.
De son côté Renault tente de se faire une place sur le marché avec sa nouvelle Mobilize Duo. Avec 161 km d’autonomie, elle est construite à 40% à partir de matériaux recyclés. Cette micro-citadine avec ses dimensions ultra-compactes et ses portes innovantes, se faufile partout dans la ville. C’est d’ailleurs l’autre point fort des voitures sans permis. Leur petite taille leur permet de stationner plus facilement dans les grandes agglomérations. Des villes où il est rarement nécessaire (voire impossible) de dépasser les 40km/h. Ces véhicules deviennent ainsi concurrentiels face aux voitures avec permis.