Selon une étude réalisée par l’Adan et KPMG, la part des Français détenant des crypto-monnaies en 2024 est supérieure à celle des Américains : 12% des Français de plus de 18 ans possèdent des cryptoactifs. Un chiffre en progression de 28% par rapport à 2023. Quels sont les risques à investir dans les cryptomonnaies ? Combien pèse ce marché en France et dans le monde ? Quels en sont les acteurs majeurs ? Dans quel pays du monde peut-on recourir aux cryptos dans la vie du quotidien ?
La France n’est pas en retard d’une innovation s’agissant des cryptomonnaies et de l’investissement dans les cryptoactifs. Le pays compte par ailleurs une licorne pouvant bientôt être valorisée à la Bourse de New-York : Ledger. Cette start-up est spécialisée dans le développement de wallet (portefeuille dématérialisé) et intègre des dispositifs en vue de s’assurer de l’identité d’un propriétaire de cryptomonnaies. Un outil des plus utiles pour les 6,5 millions de Français possédant des cryptoactifs en 2024, selon une étude de KPMG (12% de la population). Un chiffre hausse de 28% par rapport à 2023 où seul 9,4% de la population avait adopté ces outils. Au total, 15% en ont déjà détenu, et un peu moins d’un quart des Français n'en possédant pas envisagerait d'en acquérir à l'avenir.
Les portes d’accès à ce type d’investissement se diversifient. Désormais, certains intermédiaires bancaires proposent à leurs clients d’investir dans les cryptoactifs. Amundi, le numéro un européen de la gestion d'actifs, vient d’annoncer pour 2026 le lancement d'un fonds indexé… sur le Bitcoin. Ledger n’est pas la seule start-up française à tracer le sillon de la cryptomonnaie en Hexagone. Paymium propose des solutions d’encaissement en Bitcoin pour les marchands. Bitstack se développe sur le créneau de l’épargne automatisée en Bitcoin via le système d’arrondi sur les paiements. Pleenk facilite les règlements en cryptomonnaies ou en euros en ligne et Kamix propose des transferts transfrontaliers en cryptoactifs, notamment vers l’Afrique.
La France est d’ailleurs en pleine phase de rattrapage à l’échelle européenne. D’autres pays comme Les Pays-Bas ou le Royaume-Uni adoptent davantage les cryptoactifs. La part de la population détentrice est respectivement de 17% pour le premier pays et de 16% pour le second. L’étude de KPMG permet aussi de dresser un premier portrait-robot de l’investisseur en crypto en France. Il s’agit, en majorité, d’un homme de 18 à 35 ans investissant moins de 10% de son épargne afin de diversifier ses placements.
Estimé à près de 3000 milliards de dollars, le marché des cryptomonnaies naît en 2009 avec la crise des subprimes et la création du Bitcoin. Cette monnaie virtuelle, dont le fonctionnement repose sur la technologie blockchain, propose une alternative décentralisée au système bancaire traditionnel. Il permet alors de valider, sécuriser et enregistrer des transactions entre plusieurs utilisateurs, sans passer par un intermédiaire bancaire. Depuis, d’autres monnaies sont nées telle que l’Ethereum ou Solana. Les cryptoactifs sont par essence uniquement sous une forme digitale et ne possèdent pas de cours légal, expliquant ainsi la grande volatilité de ces monnaies.
Aussi, l’AMF appelle-t-elle les épargnants à faire preuve de prudence. La variation brusque à la hausse ou à la baisse peut désorienter les investisseurs. De plus, de nombreuses arnaques aux cryptoactifs ont cours depuis quelques années. Une liste noire des sites non autorisés à distribuer des cryptoactifs est publié sur le site de l’AMF. En 2025, 22 noms supplémentaires ont été ajoutés par l’institution. En cas de doute, il est important de contacter Epargne Info Service.
Or, les rendements offerts par l’investissement en cryptomonnaie peuvent faire tourner la tête. Pour une personne ayant acheté 200 euros de Bitcoin en 2015, elle verra la valeur de ses actifs, dix ans plus tard, passer à 83 000 euros, soit un rendement de 41 400%. Un niveau qu’aucun autre placement ne peut atteindre sur cette durée, pas même l’or. L’autre option pour obtenir des cryptomonnaies est de procéder à des opérations de minage. La validation des transactions est créée par un protocole informatique appelé « minage ». Ce système décentralisé sécurise et participe à la fabrication des blocks de la blockchain. Dès la validation d’un block, le mineur perçoit une « récompense » prenant la forme d’une part de cryptomonnaie. Cette activité de minage, en France, doit être déclarée auprès de l’administration fiscale et nécessite la création d’une structure, comme une micro-entreprise ou une entreprise individuelle.
Les cryptomonnaies demeurent toutefois des produits d’avenir. Pour preuve, le développement du paiement par cryptomonnaie. En 2025, Visa noue un partenariat avec Bridge afin de lancer une carte de crédit adossée à des stablecoins dans plusieurs pays, notamment en Amérique latine. MasterCard en fait de même avec l’entreprise Circle et permet à ses clients de dépenser leur crypto à travers une carte bleue. Certains pays comme l’Angola, le Costa Rica, l’Argentine ou encore le Liban acceptent les paiements en cryptomonnaie, avec ou sans carte bancaire.
En Europe, la seule monnaie en vigueur est l’euro, les commerçants sont libres d’accepter s’ils le souhaitent d’être payés en cryptomonnaie. L’Union européenne insiste néanmoins sur les dangers d’autoriser un paiement à travers une monnaie virtuelle ne bénéficiant pas d’un statut légal ni d’une règlementation spécifique. Pour concurrencer le Bitcoin ou l’Ethereum, l’Eurosystème compte mettre en circulation un euro numérique. Cette alternative aux monnaies virtuelles privées est en phase préparatoire jusqu’en octobre 2025.