Le projet de loi de finances pour 2026 devrait être promulgué d’ici fin février. Il comporte plusieurs réformes allant renchérir les impôts des contribuables les plus fortunés, si elles sont adoptées.
La loi de finances pour 2025 a instauré une contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), destinée à soumettre à un taux d’imposition minimum de 20% les contribuables fortunés (revenu fiscal de référence – RFR - supérieur à 250 000 euros, le double pour les couples) domiciliés en France dont les impôts sont inférieurs à ce taux. Temporaire, la CDHR s’est appliquée aux revenus de 2025, mais elle pourrait être prorogée en 2026, le gouvernement, l‘Assemblée nationale et le Sénat proposant tous de la reconduire. Si la mesure est adoptée, les contribuables concernés devront, comme en 2025, régler un acompte de CDHR de 95% en décembre 2026. Ils devront par ailleurs régler leur solde éventuel de CDHR de 2025 fin 2026.
Députés et sénateurs ont déposé plusieurs amendements au projet de loi de finances pour 2026 visant à transformer l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Les premiers proposent de le remplacer par un impôt sur la fortune improductive élargi à certains actifs financiers et mobiliers, les seconds par une contribution des hauts patrimoines avec un seuil d’imposition relevé à 2,57 millions d’euros (contre 1,3 million pour l’IFI actuel). Là encore, si l’une ou l’autre de ces réformes est adoptée, les contribuables très fortunés verront leur fiscalité s’alourdir cette année car le nouvel impôt coûtera plus cher que l’IFI 2026. Certains profiteront toutefois d’une baisse, voire d’un effacement, de leur impôt patrimonial.
Gouvernement, députés et sénateurs souhaitent également instaurer une taxe sur les actifs non affectés à une activité professionnelle (trésorerie, immobilier, biens meubles...) qui sont logés dans les sociétés holdings patrimoniales. Une sorte de taxe Zucman « light » qui viserait les groupes familiaux qui détiennent dans une société holding, en plus de leurs participations au capital d’entreprises, du patrimoine qui ne sert pas à l’activité de ces dernières. Le gouvernement envisage un taux de 2%, les parlementaires souhaitent le porter à 20%. Dans les deux cas, cette nouvelle taxe pourrait aussi voir le jour cette année, et être due fin 2026 en plus de l’IFI (ou de son successeur) et en plus de la CDHR reconduite.