En janvier 2026, le FMI (Fonds Monétaire International) tablait sur une croissance annuelle de 3,3% au niveau mondial. Ses prévisions sont largement remises en cause après plus d’un mois de guerre au Moyen-Orient.
Le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran met à l’épreuve la résilience de l’économie mondiale. Pour le moment, la croissance est soutenue par la vigueur des investissements et de la production liés aux technologies, les taux des droits de douane plus bas que prévu et le report des bons résultats enregistrés en 2025. Mais la paralysie du transport maritime dans le détroit d’Ormuz et la fermeture de certaines infrastructures énergétiques provoquent une flambée des prix de l’énergie, et perturbent l’offre mondiale d’autres produits tels que les engrais. Ces facteurs augmentent les coûts, pèsent sur la demande et alimentent les tensions inflationnistes.
Résultat, les prévisions du FMI sont revues à la baisse pour 2026. La croissance du PIB mondial devrait finalement se situer autour de 2.9% en 2026, loin des 3,3% projetés en début d’année. Ces projections reposent toutefois sur cette hypothèse : les perturbations actuelles du marché de l’énergie sont temporaires, et les prix repartiront à la baisse à partir du milieu de l’année.
Cette dernière reste très incertaine, après 40 jours de guerre et l’annonce le 8 avril d’un cessez-le-feu de 2 semaines entre les belligérants. Le conflit en cours risque en effet de menacer bien davantage la croissance mondiale s’il s’éternise au-delà du mois d’avril.
La hausse des prix de l’énergie alimente l’inflation mondiale, laquelle devrait persister après la fin du conflit. Dans les pays du G20, elle devrait être supérieure de 1,2 point à celle prévue en 2026 et s’établir à 4%. Dans les économies avancées du G20, l’inflation sous-jacente devrait, pour sa part, atteindre 2,6% en 2026.
Évidemment, un prolongement des perturbations du transport maritime ou de la fermeture des installations pétrolières et gazières pourrait entraîner des conséquences nettement plus lourdes. En pareil cas, le PIB mondial pourrait être inférieur de 1% et l’inflation mondiale supérieure de 1% aux projections de début d’année.