L’assurance vie et le plan d’épargne retraite (PER) sont des placements à long terme privilégiés visant à vous constituer un complément de retraite. Celui à souscrire en priorité dépend de votre horizon de placement et de votre niveau d’imposition.
Principal défaut du PER : c’est un produit « tunnel ». Sauf exception, l’épargne placée est bloquée jusqu’à la date à laquelle l’épargnant peut prendre sa retraite, soit entre 62 et 64 ans selon sa génération. Une contrainte acceptable à 10 ou 15 ans de cette échéance mais plus difficile à supporter en début de carrière. À 30-40 ans, vous pouvez également choisir des supports d’épargne plus liquides, l’argent déposé reste ainsi disponible à tout moment.
Autrement dit, il est parfois préférable de souscrire en priorité une assurance-vie multisupport. C’est l’outil idéal pour faire croître une épargne fiscalement intéressante. Les gains sont imposables uniquement en cas de retrait, à l’exception des prélèvements sociaux payés chaque année sur les intérêts générés par les fonds en euros. Au bout de 8 ans, ils sont récupérables en franchise d’impôt ou moyennant une fiscalité allégée de 7,5%. L’assurance-vie peut ainsi être envisagée comme un outil d’épargne retraite permettant, le moment venu, de compenser la baisse de revenus liée à l’arrêt de l’activité professionnelle, par le versement d’une rente viagère ou la perception d’un capital faiblement fiscalisé.
Principale qualité du PER, il permet de réduire ses impôts pendant la phase d’épargne et son effet défiscalisant est d’autant plus important si vous êtes lourdement imposé. Les sommes placées en assurance-vie, elles, n’ouvrent droit à aucun avantage fiscal (sauf sur un contrat de rente-survie ou d’épargne handicap). Il vaut donc mieux privilégier le PER en vue de préparer votre retraite si vous payez beaucoup d’impôts.
Les versements effectués chaque année sur le plan sont déductibles fiscalement à hauteur de 10% des revenus professionnels de l’année précédente, voire davantage. Cette déduction procure des baisses d’impôt proportionnelles au taux d’imposition du foyer, non soumises au plafonnement des niches fiscales contrairement à la majorité des réductions d’impôt.
En contrepartie, le capital ou la rente récupérée à la retraite est imposable en totalité. Une part est imposée comme une pension de retraite mais sans l’abattement de 10% accordé aux retraités, l’autre comme un revenu de placement financier. L’épargnant perd ainsi à la sortie une partie des économies d’impôt réalisées à l’entrée. Cela étant, son taux d’imposition sera normalement plus faible à la retraite : il en ressort au final globalement gagnant.