Le Comité d’alerte des finances publiques s’est réuni mardi 21 avril à Bercy, dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient. L’objectif vise à évaluer les répercussions de ce conflit sur les finances publiques et les leviers envisagés pour y faire face.
Lancé en avril 2025, le comité d'alerte rassemble tous les acteurs concernés par les finances publiques. A savoir parlementaires, représentants des élus locaux, des caisses de sécurité sociale, des partenaires sociaux et institutionnels (Cour des comptes, Banque de France, INSEE, Haut Conseil des Finances publiques). Son point d’étape du mois dernier a permis d’ajuster les prévisions pour l’année en cours. La croissance attendue pour 2026 est abaissée à 0,9% (contre 1% initialement) et l’inflation rehaussée à 1,9% (contre 1,3%).
Le coût de la crise pour l'État est évalué à 4,4 milliards d'euros, dont 3,6 milliards au titre de la charge de la dette. L’intensification de l'engagement des forces armées pourrait générer un coût de l’ordre de 1 milliard. Au global, le prix total de la guerre en Iran avoisinerait 6 milliards d'euros en 2026 si tous les risques anticipés se concrétisent.
Les recettes fiscales supplémentaires sur le carburant baissent depuis le début du mois d'avril (170 millions d'euros contre 270 millions en mars 2026). Le coût budgétaire des aides annoncées pour accompagner les secteurs professionnels et les Français les plus touchés par la crise s'élève au 20 avril à 150 millions d'euros (60 millions pour le chèque énergie, 35 millions pour les agriculteurs, 5 millions d'euros pour les pêcheurs, et 50 millions pour les transporteurs).
Si les risques budgétaires liés à la crise se matérialisent, 4 milliards d'euros de dépenses pourraient être suspendus sur l'État et ses opérateurs, et 2 milliards d'euros supplémentaires sur les régimes de protection sociale. Le Gouvernement est en effet contraint pas des finances publiques exsangues et une dette abyssale. Le budget voté prévoit de ramener le déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB) cette année. Un jalon important pour redresser la trajectoire des finances publiques à long terme et atteindre un déficit inférieur à 3% de PIB en 2029, comme le prévoient nos engagements européens.