Le conflit au Moyen-Orient commence à avoir des effets mesurables sur l’économie européenne. La hausse des prix reste contenue en France, mais elle accélère nettement chez certains de nos voisins.
De l’Italie à l’Espagne en passant par la France, l’Europe multiplie les initiatives pour limiter la flambée des prix engendrée par la guerre au Moyen-Orient. Or, tous les pays de la zone euro ne sont pas impactés de la même manière par ce conflit. L’inflation a certes rebondi partout sur le Vieux continent au mois de mars, mais pas dans les mêmes proportions.
En France, l’Insee l’estime à 1,7%, une augmentation similaire à celle des prix en Italie. Nos voisins allemands et espagnols semblent moins chanceux, avec des taux d’inflation annuels de 2,8% et 3,3% en mars 2026. Même en comparant les taux d’inflation harmonisés au niveau européen (IPCH, calculé par Eurostat), on retrouve des écarts importants : 1,5% en Italie, 1,9% en France, 2,8% en Allemagne, 3,3% en Espagne, 3,6% en Irlande, et jusqu’à 4,7% en Croatie.
Ces différences sont dues, en partie, aux différences de prix pratiqués entre les pays. Ceux comme l’Espagne, où les prix étaient très bas avant le début du conflit, ont mécaniquement subi des hausses plus fortes que dans les pays où les prix étaient plus élevés. Mais sans surprise, les prix de l’énergie sont les premiers responsables de l’accélération de l’inflation.
Les pays de la zone euro ont en effet connu des hausses très différentes dans les stations-service, bien plus fortes dans les pays taxant peu les carburants que dans ceux comme la France les taxant beaucoup. Par exemple, au Luxembourg, l’évolution des prix du baril s’est répercutée plus rapidement sur les prix à la pompe, car les taxes représentent une plus faible part du prix. À cela s’ajoutent les effets des politiques locales. En Belgique, par exemple, le gouvernement a décidé de réguler les évolutions de prix des carburants pour éviter de trop fortes hausses.