Malgré une image de résilience face à la crise en Iran, les places boursières mondiales sont rattrapées par la réalité. La hausse prolongée des prix du pétrole, le retour de l’inflation et l’essoufflement de la Tech commencent à alerter les investisseurs.
Prises en tenaille entre la hausse des prix du pétrole, le retour de l’inflation et l’absence d’accord à court terme au Moyen-Orient, les principales places boursières étaient en recul mardi 12 mai au soir. Les Bourses européennes ont toutes terminé la séance dans le rouge. La place de Francfort a enregistré le plus fort recul (-1,62%), suivie par Milan (-1,36%). Paris a enchaîné sa quatrième baisse consécutive (-0,95%) et Londres s'est tout juste maintenue à l’équilibre (-0,04%) grâce à la bonne tenue des pétrolières Shell et BP.
Même Wall Street, plutôt indifférente jusque-là au conflit États-Unis - Iran, a mis un bémol à ses records. Ses trois indices ont accusé une baisse : Nasdaq (-0,68%), S&P 500 (-0,42%) et Dow Jones (-0,56%). L’annonce d’une inflation au plus haut aux États-Unis depuis trois ans, à +3,8% sur un an en avril, a quelque peu refroidi les investisseurs.
Les analystes financiers sont de moins en moins nombreux à tabler sur un règlement rapide du conflit, et sur un déblocage rapide du détroit d’Ormuz par lequel transite près d’un quart du pétrole mondial. Et de plus en plus nombreux à parier sur un baril de Brent à 120 dollars d’ici quelques semaines en l’absence d’évolution positive de la situation.
Certains veulent cependant garder espoir et invitent les investisseurs à garder leur sang-froid. Leur mantra : la pression politique devient forte pour l'administration américaine avec un gallon d’essence à 4 dollars. Les élections de mi-mandat qui se profilent en fin d’année devraient donc pousser Donald Trump à privilégier une désescalade et un accord rapide avec l’Iran. La réalité du moment semble toutefois contredire les arguments de ces optimistes.