Estimé à plus de 150 millions d’euros selon Xerfi, le marché des conciergeries s’est longtemps développé dans le sillage de location saisonnière. Depuis peu, on trouve aussi bien des conciergeries d’entreprises, de quartier, en lien avec la santé ou destinées à une clientèle de luxe. Qui sont les leaders du secteur ? Quels sont les facteurs alimentant la demande des entreprises et des particuliers ? Le durcissement législatif peut-il impacter certains segments de la conciergerie ?
C’est un service devenu essentiel pour celles et ceux louant un bien sur des plateformes comme Booking, Airbnb ou Abritel : les conciergeries. Elles revêtent la forme de startups offrant aux investisseurs, la plupart du temps, un panel de services à la carte. De la prise en charge du ménage, à la gestion du locataire en passant par la rédaction et l’enrichissement des annonces en vue d’améliorer leur visibilité sur les sites, les conciergeries viennent faciliter et optimiser la gestion quotidienne des locations saisonnières… contre une commission.
Cette dernière va de 15 à 30% du montant total du loyer perçu en moyenne. Le succès de ces entreprises est au rendez-vous. On compte ainsi près de 5 000 sociétés dédiées à la conciergerie, un peu partout en France. Parmi les acteurs leaders du secteur, on retrouve HostnFly, Cocoonr ou encore WeHost. Des acteurs traditionnels viennent eux aussi à l’assaut du marché, à l’image d’agences immobilières haut de gamme comme le réseau Barnes, et proposent ce type de services à leurs clients.
Si la possibilité d’améliorer son taux d’occupation grâce aux conciergeries explique le boom de ces dernières années, le cadre législatif a également joué un rôle important. Les lois visant à encadrer la location saisonnière sont devenues multiples et complexes. Certains textes s’appliquent à l’échelle nationale (comme les plafonds pour déclarer ses revenus locatifs à tel ou tel régime fiscal), quand d’autres intéressent l’échelle communale (comme la décision d’instaurer des quotas de logements en location saisonnière dans une ville).
Face à ces normes, les investisseurs se réfugient auprès d’intermédiaires spécialisés. Or, l’accumulation de contraintes commence à jouer en défaveur des conciergeries. Les propriétaires dans les grandes métropoles (Lyon, Bordeaux ou Paris) subissant des règles locales particulières, préfèrent remettre leur bien en location meublée classique, plutôt que de se risquer à faire du meublé de tourisme.
Le secteur connaît en outre une mutation d’ampleur avec l’arrivée de l’intelligence artificielle venant enrichir, voire créer, les logiciels de gestion locative. L’IA favorise l’émergence d’assistants virtuels, capables de traiter des demandes automatisables. Ils peuvent ainsi fournir à tout moment le code wifi pour un locataire ou répondre à des questions simples, en quelques secondes. L’IA va également apprendre en continu pour s’améliorer, traiter avec nuance le langage, et accéder aux informations les plus pertinentes sur les plateformes.
Ses applications concrètent sont multiples. Outre améliorer l’annonce proposée par le loueur, cette technologie peut gérer des dizaines de conversations avec différents locataires et langues sans se perdre dans le fil des discussions. Parmi les solutions les plus innovantes, on peut citer AvaHost, une application permettant de générer un assistant virtuel disponible 24h/24 et 7j/7 pour répondre aux locataires, ou encore Helposter, doté d’un support multilingue pour communiquer dans des langues étrangères.
La conciergerie ne se limite plus au secteur de l’immobilier. Ces dernières années ont vu l’émergence de conciergeries en entreprises avec La Minut’Rit, Jours de Printemps, Easy Life, ou Circles. Ces startups viennent en appui de la politique visant à améliorer la qualité de vie au travail des salariés. Les services proposés vont de la livraison de paniers fermiers à la gestion des colis personnels des employés ou de la recherche de garde d’enfants ou d’artisans. Conciergerie Solidaire ou Lulu dans ma rue ont davantage une vocation sociale et locale. Ces conciergeries de quartier mettent en relation les habitants d’une même commune avec des artisans locaux pour des missions de bricolages ou de ménage. Enfin, les conciergeries médicales comme C3 Medical s’occupent de l’accompagnement des patients ou de la gestion logistique en milieu de soins.
Au total, le marché de la conciergerie est estimé aujourd’hui à 150 millions d’euros, selon les données du cabinet Xerfi. Un marché amené à croître de 6,1% à l’horizon 2030. Les capitaux afflux. Tout récemment, c’est le géant mondial Ferrari qui a investi près de 2 millions d’euros, dans la conciergerie automobile du Loiret, Carsup. La société créée en 2019 stocke des véhicules de sport et de collection ne roulant pas tous les jours dans des parkings sécurisés, pour des clients recherchant des services de haute qualité. L’apport financier va financer son développement. Gérant aujourd’hui près de 2000 véhicules répartis sur 25 sites, la jeune pousse souhaite partir à la conquête de marchés internationaux, avec sa quarantaine de salariés et ses 12 millions d’euros de chiffre d’affaires.