Comme en 2022, la hausse des taux de crédits immobiliers commence à bloquer certains dossiers d’acquéreurs pourtant solvables. En cause, la baisse du taux d’usure, provocant mécaniquement un effet ciseau.
Le taux d’usure correspond au Taux Annuel Effectif Global (TAEG) maximal au-dessus duquel une banque ne peut accorder un crédit. Le TAEG est exprimé en pourcentage annuel de la somme empruntée et il inclut la totalité des frais inhérents à la souscription d'un crédit (frais de dossier, courtage, assurance…). Il permet aux particuliers de pouvoir comparer le coût global des propositions faites par les différents établissements.
Il existe plusieurs taux d’usure, fixés en fonction de la catégorie de crédits (à la consommation, immobilier, renouvelable…), de leur montant et de leur durée. Pour les prêts à taux fixe, le taux d’usure des crédits est déterminé selon trois maturités : moins de 10 ans, de 10 ans à moins de 20 ans, 20 ans et plus. Par exemple, le taux d'usure pour les prêts à taux fixe d'une durée de 20 ans et plus s'élève à 5,19% au deuxième trimestre 2026.
La Banque de France détermine les taux d’usure pour la période à venir. Ce décalage n’est pas un problème d’ordinaire lorsque les taux de crédit diminuent, mais il le devient quand les taux des crédits immobiliers augmentent rapidement et que le taux d’usure baisse. En incluant les frais annexes tels que les frais d’assurances, le second peut être vite atteint. Certains dossiers d’emprunteurs pourtant solvables peuvent se retrouver bloqués par les banques. Cela s’appelle l’effet ciseau.
Or, au deuxième trimestre 2026, le taux d’usure s’avère en baisse pour les durées de moins de vingt ans. Il enregistre une chute de 0,12% pour les prêts de moins de dix ans, et de 0,11% pour les prêts de dix à moins de vingt ans. Pour les prêts de plus de vingt ans, le taux d’usure augmente seulement de 0,06%. Dans le même temps, les taux des crédits remontent légèrement depuis mars 2026, sur fonds de tensions au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, certains emprunteurs commencent à essuyer des refus d’emprunt malgré un profil pourtant solide. Pour l’heure, il s’agit surtout d’emprunteurs âgés. En effet, le montant de l’assurance emprunteur coûte cher, ou d’emprunts de courte durée, pour lesquels le taux d’usure a le plus reculé. Mais d’ici cet été, les difficultés à emprunter pourraient concerner beaucoup plus de monde, si la hausse des taux de crédit se poursuit.