L’accord de Turnberry sur les droits de douane conclu entre les États-Unis et l’Union européenne il y a près de dix mois vient d’être ratifié. Une ratification obtenue sous la pression du président Donald Trump.
L’accord sur les droits de douane conclu entre les USA et l’UE le 27 juillet 2025, au large bénéfice des premiers, n’était toujours pas ratifié début mai 2026. Cela malgré les coups de pression répétés mis par l’administration américaine sur la commission européenne pour accélérer le processus. Après avoir menacé d’interrompre les livraisons de gaz naturel liquéfié, sans succès, Donald Trump a tenté un nouveau coup il y a un mois : appliquer de nouveaux droits de douane de 25% sur les exportations de véhicules si l’UE ne signait pas le texte d’ici le 4 juillet prochain.
Un coup gagnant, semble-t-il. Le président américain a finalement obtenu gain de cause et l’accord a été ratifié par les « 27 » le 20 mai dernier. Et pour cause, le secteur automobile européen subit actuellement sa première grande vague de désindustrialisation. Dans ce contexte, l’industrie allemande, restant le cinquième exportateur mondial et le premier exportateur européen de voitures, ne pouvait pas se permettre de perdre son premier partenaire commercial.
Les États membres de l’Union ont donc fini par céder, sous la pression de l’Allemagne. Certaines contre-mesures ont certes été ajoutées, comme l’obligation de faire baisser les tarifs douaniers sur les produits contenant de l’acier ou de l’aluminium de 50% à 15% d’ici à la fin de l’année 2026. Or, dans l’ensemble, cet accord est largement conclu au bénéfice des États-Unis. En effet, si tous les produits européens subiront dorénavant des droits de douane s’élevant à 15%, la plupart des produits industriels américains, eux, seront exonérés de tout droit à l’entrée dans l’Europe.
Des voix s’élèvent déjà pour critiquer cette ratification faite davantage au bénéfice de l’Allemagne par rapport au Vieux continent dans son ensemble. La position offensive défendue par certains pays vis-à-vis des États-Unis, la France notamment, n’a pas convaincu l’exécutif européen qui la juge trop risquée. Ursula von der Leyen a préféré courber l’échine pour préserver l’économie européenne, déjà fragilisée par le conflit au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine et la politique commerciale agressive de la Chine.