Le premier ministre, Sébastien Lecornu, évalue le coût de la guerre au Moyen-Orient pour les finances publiques à 6 milliards d’euros. Pour compenser ce manque à gagner, il a annoncé 4 milliards de coupes dans le budget de l’État et 2 milliards de dépenses sociales en moins.
Les dérapages budgétaires vécus en France en 2023 et 2024 coûtent cher aux contribuables. Le gouvernement s’est engagé à redresser la barre dans le cadre du budget 2026, promettant de ramener le déficit public à 5% du PIB cette année. Une promesse de plus en plus difficile à tenir dans le contexte d’un conflit au Moyen-Orient s’éternisant, et augmentant les prix des carburants sur fond de blocage du détroit d’Ormuz.
Toutefois, l’exécutif souhaite garder le cap, même si la donne a changé depuis le vote de la loi de finances pour 2026. Fin avril, le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est engagé à prendre plusieurs mesures d’économie pour un total de 6 milliards d’euros, dont environ 4 milliards d’euros pour l’État et 2 milliards pour la Sécurité sociale.
Fin mai, soit un mois après ses annonces, le gouvernement a enfin dévoilé comment il compte s’y prendre pour économiser 4 milliards d’euros dans son budget. Pour faire face à l’impact financier provoqué par la guerre au Moyen-Orient, il est prévu dans l’immédiat d’annuler purement et simplement 847 millions d’euros de crédits ouverts dans le budget 2026. La mesure devrait intervenir via la publication d’un décret.
Par ailleurs, 3,2 milliards d’euros vont être gelés temporairement, c’est-à-dire bloqués tant que la situation budgétaire restera fragile. Ces ressources pourront néanmoins être débloquées ultérieurement si la situation s’améliore. Le gouvernement a détaillé le 3 juin les postes budgétaires concernés par ce gel. Tous les ministères sont visés, y compris la Justice et l’Intérieur, seule la Défense devrait échapper au coup de rabot. Les ministres s’activent déjà, en coulisse, pour éviter de réduire la voilure dans leur ministère.