La situation économique en France et en zone euro se dégrade. Telle est la conclusion des nouvelles prévisions de la Commission européenne, publiées le 21 mai 2026. En cause, le conflit au Moyen-Orient et son choc énergétique.
Les dernières prévisions économiques de la Commission européenne, publiée fin mai, laissent présager un scénario de stagflation en 2026 pour l’Europe. Les perspectives s'assombrissent, la croissance ne devrait plus atteindre que 0,9%, contre 1,2% lors des prévisions d'automne 2025. Par ailleurs, l'inflation repart à la hausse, elle est attendue à 3% en 2026 au lieu de 1,9%.
Ces prévisions risquent en outre d’être encore dégradées si le conflit au Moyen-Orient s’éternise. Car l'Union européenne, en tant qu'importateur d'énergie, est très exposée aux variations des prix du pétrole. Le Vieux continent est certes mieux armé qu’en 2022 afin de faire face au choc pétrolier actuel, grâce à la diversification de ses approvisionnements et à ses politiques de décarbonation et d’économies d'énergie. Il reste néanmoins majoritairement très dépendant des énergies fossiles.
La France s’avère moins touchée face à ses voisins par le ralentissement économiques mondial. La Commission a réduit sa prévision de croissance du PIB de 0,1 point seulement pour l’Hexagone en 2026, à 0,8% contre 0,9% précédemment. Le FMI, ayant aussi publié fin mai son rapport sur les finances publiques françaises, table sur une croissance de 0,7%. Or, pour le reste, la Commission prévoit un taux de chômage de 8,3% en 2026, contre 7,7% en 2025. Par ailleurs, le déficit public devrait rester stable à 5,1% en 2026 mais grimper à 5,7% en 2027. La dette publique, rapportée au PIB, devrait dépasser 118% en 2026 et 120% en 2027.
Enfin, l’Italie devrait être le pays de l’UE le plus impacté par la situation au Moyen-Orient. Selon la Commission, sa croissance devrait être la plus faible et sa dette publique la plus élevée de toute l’Union européenne en 2027.