Le Livret A connaît un recul historique depuis le début de l’année. En mai, il a enregistré une cinquième décollecte consécutive, avec un solde négatif de 630 millions d'euros. Son encours a fondu de 5 milliards d’euros depuis le mois de janvier 2026.
Pour Philippe Crevel, économiste, Directeur du Cercle de l’Épargne, le Livret A est pénalisé par une rémunération jugée peu attractive et par l'érosion du pouvoir d'achat des ménages liée au rebond de l'inflation. La hausse des prix des carburants a conduit les plus modestes à puiser dans leur épargne réglementée. De leur côté, les épargnants disposant d'une capacité d'épargne ont privilégié des placements plus rémunérateurs, comme l'assurance vie ou le Plan d'Épargne Retraite (PER). Pour retrouver une telle succession de décollectes, il faut remonter aux années 2014 et 2015, également marquées par une baisse du taux de rémunération. Les autres livrets ne font pas mieux : le livret de développement durable et solidaire (LDDS) a enregistré une décollecte de 710 millions d’euros sur les cinq premiers mois de l’année, le livret d’épargne populaire (LEP) accuse une perte de 290 millions d’euros. Après plusieurs années fastes, l’épargne réglementée ne fait plus recette en 2026.