La Chine poursuit une stratégie de montée en gamme technologique pour soutenir sa croissance et sortir de la crise immobilière et de l’endettement. Le pays doit trouver un nouvel équilibre entre innovation, cohésion sociale et stabilité économique.
L'économie chinoise ralentit, évoluant désormais autour de 4 à 5% de croissance annuelle, loin des 10% des années 2000. La crise immobilière a amputé sa croissance de deux points de PIB en 2024 et 2025. Conséquence de ce repli, le modèle de développement basé sur l’endettement des collectivités locales atteint aujourd’hui ses limites. L’endettement local représente désormais près de 43% du PIB chinois, mais les infrastructures spectaculaires créées dans les régions ne génèrent pas assez de recettes pour rembourser les dettes.
Autre difficulté, la Chine doit composer avec la montée du protectionnisme, notamment sur les voitures électriques, et l’affaiblissement de la croissance mondiale pesant sur ses exportations. Or, la demande intérieure ne permet pas de compenser ces difficultés internationales. Le moral des ménages est au plus bas, la consommation intérieure stagne et les ventes au détail ont progressé de 0,2 % sur un an en avril dernier.
Pour rebondir, l’économie chinoise parie sur la transition technologique. Elle investit massivement dans les secteurs innovants comme l’intelligence artificielle, la robotique, les semi-conducteurs, et l’énergie de fusion. Des fonds nationaux importants sont mobilisés pour soutenir ces priorités. Toutefois, cette mutation comporte de nombreux risques. Beaucoup de projets technologiques ne sont en effet pas rentables, et près de 32% des entreprises industrielles chinoises sont déficitaires. Par ailleurs, l’emploi de centaines de millions de travailleurs peu qualifiés est menacé, l’État concentrant ses ressources sur les technologies de pointe, au risque de laisser de côté une partie importante de la population. La Chine doit rapidement trouver une nouvelle voie pour maintenir sa dynamique de croissance et sa cohésion sociale. Une tâche de plus en plus ardue face à l’instabilité économique et politique mondiale.