La génération des baby-boomers s'apprête à transmettre un patrimoine record de 9000 milliards d'euros, soit la moitié de la richesse des ménages français. Cette manne intéresse de plus en plus les politiques.
La « grande transmission »
Dans les 15 prochaines années, la génération des baby-boomers, c’est-à-dire les personnes nées entre 1946 et 1965, lèguera pour 9000 milliards d'euros d'héritage, du jamais vu dans l'histoire. Cela représente près de trois fois la dette française. Ce phénomène porte un nom : la « grande transmission ».
Il inquiète, par ailleurs, ses principaux acteurs, à savoir les retraités. Beaucoup s'interrogent à l'heure où l'État cherche de l'argent. Aussi, ceux en position de transmettre un patrimoine à la génération suivante, voire à celle d’après, se ruent actuellement chez leur notaire ou leur conseiller patrimonial pour trouver des solutions destinées à limiter les impôts sur leur succession.
La grande taxation ?
Taxer davantage l'héritage et profiter de cette grande transmission de richesses à venir, certains élus en rêvent. Pourtant, le gouvernement temporise, le sujet restant très impopulaire chez les Français. La France est en effet l'un des pays du monde où la fiscalité sur les successions est la plus lourde, avec la Belgique et la Corée du Sud.
Or, ne pas toucher aux droits de succession pourrait à long terme creuser un peu plus les inégalités entre les héritiers et les autres, selon certains économistes. La génération des baby-boomers a profité d’une forte hausse de la valorisation des patrimoines immobiliers et mobiliers au cours des vingt dernières années. L’État ne peut se permettre de voir cette gigantesque plus-value transmise entre générations sans en prélever sa part.