Faute d'anticipation, certaines personnes partageant votre vie familiale n’hériteront pas. Des solutions vous permettent néanmoins de protéger ceux comptant pour vous, même s’ils ne sont pas reconnus dans votre succession.
Concubins, beaux-enfants
Le concubin non marié n'a pas vocation à hériter. Sans testament en sa faveur, il n’intègre pas la succession de son compagnon. Ainsi, si le logement du couple appartenait au défunt, le concubin survivant ne dispose d'aucun droit pour rester dans les lieux. Le défunt peut toutefois lui léguer une part par testament. Mais dans ce cas, le concubin est alors traité comme un tiers sur le plan fiscal, et sa part est taxée à 60% après un abattement de 1594 euros. De plus, ce legs reste plafonné par la réserve héréditaire, c’est-à-dire la part de la succession réservée aux enfants.
Les beaux-enfants ne sont pas davantage héritiers de leur beau-parent et, en cas de legs, ils supportent aussi 60% de droits après l'abattement de 1594 euros. La loi de finances pour 2026 a toutefois créé un abattement spécifique de 15 932 euros pour les transmissions aux enfants du conjoint. Il est applicable si le défunt était marié ou pacsé avec le parent de l'enfant, s’il n’a aucun lien de filiation biologique ou adoptif avec l’enfant, et s’il l’a pris en charge pendant au moins 5 ans.
Épargne et prévoyance
Non reconnus par la loi successorale, le concubin et les beaux-enfants ne sont donc pas des héritiers légaux. Ils supportent des droits de succession prohibitifs une fois désignés légataires par testament. Heureusement, certaines solutions d’épargne ou de prévoyance permettent de s’adapter à toutes les familles et d’optimiser la transmission de votre patrimoine.
En premier l’assurance-vie, outil désormais incontournable pour organiser et optimiser votre succession. Vous êtes libre de choisir vos bénéficiaires. À votre décès, le capital qu’ils recevront leur sera transmis hors succession. Le cadre fiscal s’avère moins gourmand que celui de la fiscalité de l’héritage (sauf pour les versements faits en assurance vie après 70 ans).
Autre possibilité, l’assurance décès. A la différence de l'assurance-vie qui permet de transmettre un capital grâce à l’épargne versée, l'assurance décès est un contrat de prévoyance. Le titulaire règle une cotisation mensuelle qui garantit le versement d’un capital aux bénéficiaires de son choix en cas de décès. Il ne s'agit donc pas de faire fructifier une épargne, mais de garantir le versement d'une somme convenue à la souscription du contrat. Là encore, le capital transmis n'entrera pas dans l'actif successoral, il reviendra directement aux personnes choisies hors succession.