Le marché français des produits hyperprotéinés en grande distribution dépasse les 380 millions d'euros en 2024, contre environ 70 millions d'euros en 2020, selon Xerfi. Cette croissance spectaculaire de plus de 400% en quatre ans témoigne d'un engouement durable pour ces produits. D’où vient cette appétence pour la macromolécule ? Quels sont les produits phares ? Comment l’agroalimentaire se réorganise autour de la protéine ?
Place au café enrichi en protéines, dernier né des produits hyperprotéinés, consistant à mettre une poudre protéinée dans son café. Le Flexpresso, de la marque ESN ou encore les Protein cappuccino de Prozis, s’arrachent en ligne. L’entreprise américaine Javvy, spécialisée dans ce type de boisson, se valorise autour d’un milliard de dollars. Basée en Caroline du Sud, elle génère un chiffre d'affaires annuel de près de 300 millions de dollars.
La plupart des grands groupes du secteur agroalimentaire tentent, eux aussi, de surfer sur la vague des produits hyperprotéinés. En 2024, le géant Carrefour se lançait avec son pain de mie High Protein, possédant 13 g de protéines pour 100 g contre 9,2 g pour le pain de mie complet classique. Auchan va encore plus loin en lançant, en juillet 2025, une marque distributeur dédiée à la nutrition sportive et composée, entre autres, d’aliments riches en protéines. Nommée eat & move, on y trouve des boissons isotoniques au citron, de la poudre protéinée whey à la vanille ou des barres fondantes au chocolat et caramel enrichies à la précieuse macromolécule.
La demande en produits riches en protéines croît d’année en année. Nestlé, Danone, PepsiCo, Glanbia, Abbott Laboratories... on ne compte plus le nombre de grandes entreprises à investir dans le secteur des produits riches en protéines. Selon les acteurs de la grande distribution, les ventes de produits relevant de cette catégorie progressent. Le baromètre 2026 sur les habitudes de consommation NielsenIQ montre un segment “sport et protéine” en pleine explosion : les ventes d’aliments ultra-frais hyperprotéinés (skyr, fromage blanc…) croissent de +27% en 1 an. Le marché global des boissons et aliments dits « fonctionnels » pèse 2,4 milliards d’euros (+12% en un an). La vente d'œufs suit cette tendance avec plus de 40,2 millions d’unités vendues et des taux de rupture inédits. Ce succès s’explique par la valeur protéique imbattable de cet aliment par rapport à son coût (2 centimes d’euros le gramme, contre 6 pour la volaille).
Cette tendance se mesure à l’échelle mondiale. Selon le cabinet Fortune Business Insight, la taille du secteur des aliments riches en protéines s’évaluait à 51,39 milliards de dollars en 2025 et devrait passer à 105,34 milliards de dollars d’ici 2034. En France, selon le cabinet Xerfi, le marché français des produits hyperprotéinés en grande distribution représente plus de 380 millions d'euros en 2024, contre environ 70 millions d'euros en 2020. Cette croissance de 400% en quatre ans s’explique par un souci plus grand autour de la valeur nutritionnelle des aliments au sein de la population française.
En effet, les protéines jouent un rôle majeur pour l’organisme. Elles participent au renouvellement des tissus musculaires, des cheveux, des ongles, poils et de la matrice osseuse. Elles facilitent également le contrôle du poids et la prise de masse musculaire. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, établit une référence nutritionnelle en protéines des adultes en bonne santé, à savoir 0,83 g/kg/j. Selon l'édition 2025 du baromètre Sport-Santé d'Ipsos, 71% des personnes interrogées déclarent avoir une activité physique régulière. D’où l’intérêt pour ces derniers de veiller à avoir une alimentation riche en protéines.
Les consommateurs doivent se montrer vigilants. Les produits dits riches en protéines ne s’avèrent pas toujours sains. Avec une infime différence en matière de quantité de protéine (3 à 4 grammes de plus) et une quantité de graisse saturée identique, l’aliment « hyperprotéinés » n’est pas meilleur pour votre santé face à un produit standard. Or, la plupart du temps, il se commercialise au double du prix. Aux dires des scientifiques, il n’existe pas de carence généralisée en protéine au sein de la population française.
Toutefois, les personnes sportives, surtout celles pratiquant la musculation, les personnes âgées ou les individus réduisant fortement leur consommation de viande, de poisson, de produits laitiers ou de fruits de mer, ont besoin d’un apport supplémentaire de la précieuse molécule pour le bon fonctionnement de leur organisme. Dans le cas contraire, une alimentation dépassant les 2,5 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour peut augmenter l’acidité des urines, solliciter excessivement les reins et les fragiliser ou favoriser l’apparition de calculs rénaux.