L'objectif de rigueur budgétaire affiché par le gouvernement en début d’année vole en éclats. Selon le ministre de l’Économie, Roland Lescure, le déficit public atteindra 5% du PIB cette année encore. Certains experts anticipent pour leur part un dérapage entre 5,3% et 5,5%.
La première justification avancée est macroéconomique. Les prévisions de croissance ont été divisées par deux depuis janvier, celle-ci ne devrait pas dépasser +0,5% en 2026. Ce recul de l’activité économique a entraîné une forte baisse des recettes fiscales (TVA, impôt sur les sociétés), créant un manque à gagner équivalent pour un État aux dépenses publiques restant fixes. Le poids écrasant de la dette publique et la hausse des taux d’intérêt sont également en cause. La France emprunte désormais à 4,5% pour se financer à dix ans, et la charge de la dette va atteindre le niveau historique de 65 milliards d’euros cette année. Les 500 millions d’euros de crédits ministériels annulés en urgence en septembre ne permettront hélas pas de renflouer les caisses, et le Premier ministre Sébastien Lecornu se trouve bien dépourvu à la veille de présenter le projet de loi de finances pour 2027. Les débats - et les votes – sur le prochain budget promettent d’être une nouvelle fois houleux sur les bancs de l’Assemblée nationale.