Une étude publiée par Allianz Trade en juin 2026 analyse l'impact des vagues de chaleur sur la croissance et le PIB en Europe. Le rapport met en évidence une baisse significative de la productivité et un alourdissement des coûts pour les entreprises au-delà de 30 °C.
Les vagues de chaleur extrême représentent un risque économique majeur pour l’Europe. Le gouvernement vient par exemple d’annoncer que la canicule de juillet / août va coûter 0,1 point de PIB à la France en 2026. Et ça sera bien pire dans les années qui viennent si le phénomène s’amplifie. Selon une étude publiée en juin dernier, les pertes cumulées de PIB pourraient atteindre 5 à 7% dans les pays européens les plus exposés entre 2026 et 2030, si les cinq années récentes les plus chaudes se répètent.
Elles sont estimées à 240 milliards de dollars (Mds) pour la France, à 147 Mds pour l’Italie, à 131 Mds pour l’Allemagne, et à 120 Mds pour l’Espagne. Ces pertes seraient liées à la chute de productivité constatée au-delà de 30° C, évaluée à 1,3 dollar pour chaque degré supplémentaire. Les très fortes chaleurs entrainent à la fois une baisse sensible des recettes fiscales du fait de la moindre activité des entreprises, et une augmentation des dépenses publiques, de santé notamment.
Face à ces risques, l’Europe s’aère vulnérable sur de nombreux points. Sa population vieillit, le parc immobilier devient inadapté, et les infrastructures de refroidissement sont notoirement insuffisantes. Les politiques d’adaptation privilégient, pour le moment, l’indemnisation face à la prévention. Or, le système assurantiel risque l’essoufflement !
L’Europe doit prendre acte du changement climatique et organiser une adaptation profonde de son modèle pour faire face aux épisodes caniculaires à venir. Une action coordonnée sur le travail (seuils de température, indemnisation), les bâtiments (normes de surchauffe, accès au refroidissement), les finances publiques (budgets pluriannuels d’adaptation) et les ménages (incitations à la rénovation, subventions) est désormais nécessaire. Pour l’heure, la plupart des pays n’ont pas encore mis en place de tels dispositifs. Faute d’argent public, la mobilisation de l’épargne privée pourrait les y aider.