L'industrie automobile européenne est en crise. Ses résultats sont en net recul et les constructeurs allemands sont désormais contraints à des plans de restructuration drastiques. Les marques françaises, moins exposées à l’international, s’en sortent mieux.
L’automobile allemande a du plomb dans l’aile. Son modèle économique connaît un déclin structurel d’ampleur depuis quelques années, confronté à la fois à la baisse de la demande européenne, à la guerre des tarifs douaniers aux États-Unis et à la concurrence accrue des marques nationales en Chine, largement en avance sur la transition électrique.
Le recul des résultats nets du secteur enregistré depuis deux ans oblige désormais les grandes marques allemandes à réduire la voilure. Volkswagen, BMW et Porsche ont décidé d’engager des plans massifs de restructuration et de suppression de postes pour redresser leur compétitivité. Le premier envisage 100 000 suppressions d’emplois d’ici 2030, le second 8000 d’ici fin 2027, et Porsche va se séparer de 9000 salariés d’ici 2035.
La situation des constructeurs français n’en est pas encore à ce stade, malgré les lourdes pertes en 2025 de Renault et Stellantis. La raison : ils restent bien moins présents sur les marchés américain et chinois. Leurs résultats sont d’ailleurs à nouveau bénéficiaires au premier semestre 2026.
Les plans massifs de licenciement annoncés outre-Rhin ne sont donc pas d’actualité en France, Renault et Stellantis envisagent plutôt des réductions de coûts et des améliorations de leur outil de production pour rester compétitifs. Les constructeurs français ont déjà dû réformer leur modèle et revoir leur capacité de production à la baisse depuis 10 ans. Ils demeurent aujourd'hui moins exposés aux surcapacités de production de leurs concurrents allemands.