Elles s’appellent eToro, Bitpanda ou encore XTB et proposent aux internautes de s’initier au trading. L’objectif vise à acheter ou vendre des actifs dans le but de réaliser un gain. Une activité qui séduit beaucoup les jeunes sur les réseaux sociaux. Or, ces marchés sont souvent risqués et les pertes, pour les non-initiés, s’avèrent fréquentes. Comment le marché du trading parvient-il à conquérir les plus jeunes ? Quelles précautions prendre avant d’investir ? Pour quel gain
L’information a retenu l’attention du petit monde du trading cet été. En août 2026, la plateforme eToro annonce le rachat de son concurrent TradeZero, après un second trimestre ayant dépassé de loin les estimations de Wall Street concernant l’entreprise. Le résultat net des opérations d'eToro sur les actions, les matières premières et les devises, a bondi de 24% pour atteindre 141,6 millions de dollars entre mars et juin 2026, grâce à une activité boursière plus soutenue. Le montant de la transaction est estimé à 231 millions de dollars.
Un coût important pour la plateforme israélienne en vue de lui permettre de se positionner en acteur de référence sur le marché du trading social et du courtage. À travers cet achat, eToro va pouvoir élargir sa base de traders actifs. De quoi renforcer son infrastructure de trading et sa présence sur le marché américain, un territoire sur lequel TradeZero est particulièrement actif. La finalisation de la transaction doit intervenir au premier semestre 2027.
Difficile ces dernières années d’échapper aux slogans accrocheurs de la plateforme fondée en 2007, par les frères Yoni et Ronen Assia, à Tel Aviv. La communication d’eToro séduit particulièrement les jeunes générations. Selon un sondage Opinionway réalisé pour Nalo, plateforme digitale d'investissement et de conseil financier, deux-tiers des moins de 35 ans s'intéressent aux placements financiers, contre 47% des 35-49 ans et 38% des 50 ans et plus. Ces jeunes recourent en majorité à l’IA (52%) pour comprendre des notions financières et 38% pour comparer et obtenir des recommandations sur des produits financiers, contre respectivement 19% chez leurs aînés. Longtemps perçue comme inaccessible, la Bourse a été rendue compréhensible, en apparence, par ces applications. Des outils propres à séduire une génération en quête d’une forme d’autonomie financière semblant atteignable rapidement à travers le trading.
Cette pratique consiste à acheter et vendre des actifs financiers, comme des actions ou des cryptoactifs, puis à les revendre rapidement afin d’espérer réaliser des bénéfices. Les néotraders s’appuient sur des informations publiées sur Internet pour suivre les stratégies financières de traders expérimentés. Les usagers partagent leurs analyses et répliquent, en temps réel, les positions d’autres investisseurs. On parle alors de copy trading.
Cette méthode d’investissement repose davantage sur le mimétisme, en calquant le comportement du plus grand nombre, que sur une véritable connaissance des mécanismes de la Bourse. Associé à des applications dont l’ergonomie est rendue plus ludique et joue la carte de la gamification, le trading social, comme on l’appelle, paraît peu complexe. Un sentiment renforcé par les vidéos postées par des influenceurs sur ces questions et d'autres « experts » assurant avoir fait fortune par ce biais.
Avec plus de 40 millions d’usagers répartis dans 140 pays, eToro est le leader incontesté des plateformes. Le copy trading, automatisé, simplifie encore plus l’action d’investir. La plateforme européenne la mieux positionnée est Trade Republic. L’entreprise allemande met tout en œuvre pour rendre son application simple à utiliser afin de démocratiser l’investissement financier. ETX, Saxo, Capital.com… Les plateformes qui investissent ce terrain sont de plus en plus nombreuses avec des spécificités pour certaines d’entre elles. Bitpanda se focalise sur les cryptomonnaies quand IG Markets permet de trader 24h/24.
La taille du marché mondial des plateformes de trading en ligne était évaluée par Fortune Business Insights à 10,82 milliards de dollars en 2025. Elle devrait passer à 18,50 milliards de dollars d'ici 2034. Cet essor reposerait sur l’intelligence artificielle. L’IA doit en effet permettre à ces plateformes d'analyser de vastes ensembles de données en vue de prédire les tendances du marché avec une précision sans précédent. L’objectif vise à limiter au maximum les risques pour les investisseurs et d’automatiser toujours plus de tâches afin d’améliorer la rentabilité.
Or, ces opérations ne sont pas sans risques. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) recommande ainsi de rester prudent face au copy trading. La plupart des participants finissent par perdre leur capital en raison d’une prise de risque maximale et d'une méconnaissance des produits. De nombreuses arnaques, proposées sur les réseaux ou à travers des influenceurs sur des placements rémunérateurs, existent en ligne. Une liste noire des sociétés non autorisées à exercer cette profession trône sur le site de l’autorité des marchés financiers (AMF). Mieux vaut s’y reporter avant de vous lancer.
La Bourse n’est pas une science exacte. Il est ardu, même pour les professionnels du secteur, de prévoir l’évolution du cours d’une action, d’une monnaie, d’un indice boursier, ou même d’un cryptoactif. L’effet de levier permettant de multiplier ses gains sur ces plateformes, multiplie également les pertes en cas d’erreurs.