Le projet de loi de finances (PLF) présenté par Sébastien Lecornu en Conseil des ministres marque un tournant de rigueur budgétaire. Trois niches fiscales profitant aux particuliers sont ciblées pour réduire le déficit public en 2027
L'abattement de 10% dont bénéficient les retraités devrait voir ses conditions se durcir. Le PLF prévoit de raboter son plafond à 3000 euros par foyer, au lieu de 4439 euros cette année. Les retraités déclarant plus de 30 000 euros de pensions subiront une hausse d’impôt variable selon leur taux d’imposition si la mesure passe. Objectif pour l’État, engranger 1,4 milliard d'euros de recettes fiscales supplémentaires. En parallèle, une sous-indexation des pensions supérieures à 1260 euros par rapport à l'inflation est prévue dans le budget de la Sécurité sociale 2027.
Pour les loueurs en meublé non professionnels qui relèvent du régime réel d’imposition, les règles risquent aussi de se durcir. Le gouvernement introduit un plafond annuel d'amortissement fixé à 2,5% de la valeur du bien et limité à 7000 euros par an et par foyer fiscal. Pour les meublés de tourisme (type Airbnb), la contrainte serait encore plus forte avec un taux limité à 1,5% et un plafond de 5000 euros par an. De plus, les amortissements non déduits durant l'année ne pourraient plus être reportés sur les années suivantes comme c’est le cas actuellement.
La contribution différentielle ciblant les très hauts revenus (CDHR) mise en place initialement en 2025 devrait être prolongée pour une troisième année consécutive. L'État espère en tirer 600 millions d'euros supplémentaires. Rappelons que la CDHR vise à faire payer un minimum de 20% d’impôt sur le revenu aux contribuables dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 euros (le double pour les couples) et redevables de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR).