La consommation des ménages recule selon l’Insee. Les Français continuent d’épargner malgré les difficultés de pouvoir d’achat, reflet d’une inquiétude persistante face à un avenir incertain.
Une large majorité de Français a modifié ses habitudes de consommation cette année. Confrontés à une instabilité politique récurrente et à la perspective d’un budget de rigueur (PLF 2027), les ménages ont réduit drastiquement leurs dépenses non essentielles. Les arbitrages se sont traduits par des coupes claires dans l’habillement, les loisirs, les sorties au restaurant et les vacances au cours des derniers mois.
Le secteur des biens d'équipement durables souffre également. Les foyers reportent à plus tard leurs projets de renouvellement de l’électroménager, du mobilier ou du véhicule familial, voire les abandonnent dans près de 20% des cas. Ce taux va mécaniquement grimper d’ici la fin de l’année du fait de la perte de pouvoir d’achat liée à la hausse des prix de l’énergie et des carburants.
Ce repli de la demande intérieure pèse sur l'activité globale, et la croissance française est attendue au mieux à 0,5% en 2026. La consommation des ménages constituant le principal moteur du Produit Intérieur Brut (PIB) et la première source de rentrées fiscales via la TVA, son recul fragilise notre capacité à redresser les comptes publics.
Dans ce contexte, les Français maintiennent un effort financier massif pour sanctuariser leur patrimoine. L'indicateur du climat de l’épargne calculé par l’Insee se maintient à des niveaux très élevés. Même si les classes populaires sont contraintes de puiser dans leurs réserves pour boucler leur budget, le taux d'épargne global de la France atteint toujours des sommets, autour de 17,2% à 17,9% du revenu disponible brut en 2026.
Les motifs d'inquiétude se cumulent et les Français augmentent leur épargne de précaution. L'épargne financière se concentre massivement sur des supports liquides et sécurisés, malgré la baisse des rendements réglementés du Livret A ou du LDDS. Mais la collecte sur les contrats d’assurance-vie affiche des niveaux records grâce au retour de rendements obligataires attractifs.
Cette accumulation de capital, souvent perçue comme un frein à court terme pour la reprise économique, représente toutefois une réserve de consommation future importante. Selon les analystes, ce bas de laine historique pourrait rapidement se libérer et stimuler les marchés… une fois la visibilité budgétaire et politique stabilisée.