La France devient l’État le plus endetté de la zone euro en valeur absolue selon Eurostat. Son taux d’endettement est, quant à lui, le troisième plus élevé, devant l'Italie et la Grèce.
La France occupe désormais la première place des États les plus endettés de la zone euro. Selon les dernières données d’Eurostat et de l’Insee, la dette publique française a franchi un cap historique pour s'établir à 3595,5 milliards d’euros au deuxième trimestre 2026. Ce volume colossal place l'Hexagone devant ses principaux partenaires économiques européens, notamment l’Italie, dont la dette brute totale s'élève à 3158 milliards d’euros, et l’Allemagne, maintenant un encours inférieur (2900 milliards), malgré un produit intérieur brut (PIB) plus élevé.
Cette explosion de la dette nominale résulte de déficits publics chroniques accumulés ces dernières années. Contrairement à la majorité de ses voisins européens qui ont entamé un assainissement rigoureux de leurs finances après les crises sanitaires et énergétiques, la France a poursuivi une trajectoire ascendante. Ce dérapage budgétaire continu, combiné à une instabilité politique récente qui complique le vote d'un budget d'austérité, alimente l'inquiétude des institutions financières. En atteignant des sommets inédits hors période de crise majeure, cette masse financière accroît la charge d'intérêts annuelle, forçant l'exécutif à de lourds arbitrages budgétaires.
Si l'on examine le poids de la dette proportionnellement à la taille de l'économie, la situation s'avère tout aussi préoccupante. Avec un taux d'endettement de 119% du PIB, la France se positionne au troisième rang de la zone euro, derrière la Grèce qui domine le classement avec environ 143,5% de dette et l'Italie avec 137,8% de dette.
Toutefois, la trajectoire des finances publiques diffère sensiblement entre les derniers de la classe. Entre 2020 et 2025, Athènes et Rome ont réussi à réduire massivement leur ratio de dette de plusieurs dizaines de points de PIB grâce à des excédents budgétaires primaires. La France, elle, fait figure d'exception en enregistrant une hausse de son ratio d’endettement de +0,7 point. Cette divergence érode la confiance des créanciers. Désormais, sur les marchés obligataires, la France subit une prime de risque et emprunte à des taux d'intérêt à dix ans proches de 4,9%, soit un coût supérieur à celui de la Grèce et de l'Italie.