Le cours de l'or fait le yo-yo depuis le début de l'année. Au sommet en janvier, au plus bas en juin, il a fini le troisième trimestre en légère hausse. Le métal jaune reste malgré tout une valeur refuge en temps de crise, avec une progression de 8,5% sur un an
2026 restera gravée dans les annales financières comme celle de tous les extrêmes pour l'or. Le cours de l'once a en effet a connu une volatilité historique, marquée par un record absolu à 5595 dollars en janvier, suivi d'un repli brutal sous les 4000 dollars en juin, avant de se redresser pour s'établir autour de 4170 dollars fin septembre.
Le début de l’année a été marqué par une frénésie acheteuse qui a porté l'once à des sommets vertigineux. Mais au début de l'été, le marché s'est retourné de manière tout aussi spectaculaire. Depuis, le métal précieux entame une lente et laborieuse phase de convalescence, et il affichait une performance légèrement haussière fin septembre.
Le métal précieux est victime de l’extrême nervosité des échanges sur les marchés, attestant la fébrilité grandissante des investisseurs privés face à un monde économique de moins en moins lisible et prévisible. Sur un an glissant, l'or parvient toutefois à maintenir une progression solide de 8,5%, confirmant son statut de valeur refuge.
Cette trajectoire erratique de l’or s'explique par un affrontement entre des forces contradictoires, qui tirent alternativement les cours vers le haut et vers le bas. D’un côté, la banque centrale américaine a maintenu des taux d'intérêt élevés pour lutter contre l’inflation, rendant le métal jaune moins compétitif. Cette politique a en outre soutenu la puissance du dollar américain, devise dans laquelle est libellé l’or, rendant son achat plus coûteux et pesant lourdement sur la demande mondiale.
En sens contraire, l’aggravation des risques géopolitiques depuis l’automne entraine un redressement des cours de l’or. Face à l'exacerbation des tensions au Moyen-Orient et l’enlisement de la guerre en Ukraine, les investisseurs cherchent à nouveau une protection tangible pour leurs capitaux. La trajectoire inquiétante des dettes publiques et de la politique américaine pousse par ailleurs les banques centrales des pays émergents (notamment en Asie) à accumuler des réserves d'or physique à des niveaux record.