Adrien Brody, Lucy Liu, Sylvester Stallone… On ne compte plus le nombre de célébrités américaines se mettant à la peinture avec succès en dehors des plateaux. Leurs œuvres se vendent à plusieurs centaines de milliers de dollars. Vu leur nombre, on parle déjà de marché du celebrity art. Combien pèse ce marché ? Où voir les œuvres de ces artistes déjà célèbres ? Qu’en est-il en France ?
Quel est le point commun entre Robbie Williams, Adrien Brody et Sylvester Stallone ? Outre la grande notoriété, tous font partie des stars internationales à s’être converties à l’art ces dernières années. Non comme collectionneurs, mais comme artistes. Robbie Williams vient d’exposer au Moco Museum d’Amsterdam. Sa première exposition en solitaire. En 2022, il avait déjà vendu chez Sotheby’s une première œuvre pour 40 000 livres. Un travail reposant sur l’art visuel, ponctué de phrases comiques. Adrien Brody, exposé récemment en juillet dernier à l’Eden House de Saint-Tropez, mêle à la fois le street art et le pop art dans ses œuvres. Dans son exposition, Made in America, où il présente une trentaine de tableaux, l’acteur du film Le Pianiste, crée un « gum wall » interactif où le public colle son chewing-gum mâché, une « expression interactive de rébellion et de décadence ». Certaines de ses toiles se sont vendues près de 425 000 dollars. Quant à Sylvester Stallone, il peint régulièrement depuis plus de 30 ans. En 2013, il a d’ailleurs inauguré une exposition de ses toiles inspirées de l'expressionnisme abstrait, au prestigieux musée russe de Saint-Pétersbourg.
Ce phénomène de célébrités s’adonnant soudainement à l’art porte un nom aux États-Unis : le celebrity market. Une sorte de marché de l’art où le nom du créateur et sa renommée dans la musique ou le cinéma prédominent par rapport à son œuvre. Car les critiques ne sont pas toujours tendres avec ces super artistes. Néanmoins, leurs œuvres réalisées aujourd’hui se vendront cher, voire très cher, à la mort de ces célébrités.
Or, il paraît difficile de mettre en doute l’engagement de certaines stars ayant parfois abandonné le grand écran pour la peinture. C’est le cas de l’actrice Lucy Liu, peintre depuis des décennies. D’abord sous le pseudo de Yu Ling pour ne pas brouiller les pistes avec sa carrière au cinéma, puis uniquement sous son vrai patronyme ces dernières années. Ses œuvres sont régulièrement exposées et elle dispose de son propre site internet pour vendre ses créations. Dennis Hopper, célèbre acteur américain, est également un photographe de talent. Sur ses clichés, on retrouve des photos de ses proches et de ses collègues stars, et celles de ces voyages dans le désert et d’éléments du quotidien. Une exposition, nommée « LA and Friends - Photographs from the 60’s » s’est tenue au Royal Monceau en 2011.
Les acteurs et actrices américains ne sont pas les seuls à cumuler les activités. Déjà l’actrice Sarah Bernhardt, célèbre entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, peignait et sculptait. Remises à l’honneur en 2023 au Petit Palais, certaines de ses œuvres ont connu un succès relatif aux enchères. À l’image de cet Autoportrait en Pierrot adjugé 11 235 euros à New York en 1995. Plus proche de nous, Serge Gainsbourg, peintre contrarié, et n’ayant pas détruit l’ensemble de ses œuvres comme le raconte la légende, figure aussi parmi les amoureux de l’art. Un tableau du chanteur a même été adjugé plus de 105 000 euros en 2019. Romain Duris, lui, expose en 2017 puis en 2019 ses dessins réalisés au crayon. L’acteur ne se destinait pas au cinéma. Il a toujours eu une affection particulière pour le dessin depuis sa plus tendre enfance. Quelques-uns de ses dessins sont actuellement en vente pour des sommes allant de 400 à 2 000 euros.
Si certaines stars parviennent à faire des percées, le marché de l’art est aujourd’hui orienté à la baisse. D’après le dernier rapport annuel de la banque suisse UBS. Les ventes d’œuvres d’art dans le monde ont baissé en valeur de 12% l’an passé, pour tomber à 57,5 milliards de dollars au total. Le marché se contracte pour la deuxième année consécutive. Il atteint aujourd’hui son plus bas niveau depuis 2016. Si aux États-Unis, le marché recule de 9%, il chute de 30% en Chine. Les œuvres les plus impactées s’avèrent surtout celles dont les prix sont inférieurs à 250 000 euros (-30% de vente en 2024). Les ventes d’œuvres dont les prix sont entre 250 000 euros et 5 millions d’euros restent stables, quand celles au-dessus des 5 millions progressent. Pour preuve, en novembre 2025, un tableau de Gustav Klimt estimé à 127 millions d’euros a été vendu chez Sotheby’s près de 204 millions d’euros. Il devient ainsi la seconde œuvre d’art la plus chère jamais vendue derrière le Salvador Mundi. Réalisé par Leonardo de Vinci, le tableau, vendu en 2017, était parti pour la somme incroyable de 339,5 millions d’euros !