Faut-il puiser dans vos placements en effectuant des retraits d’argent en capital, ou convertir ce dernier en rente viagère afin d’obtenir un revenu complémentaire garanti à vie ? Cela dépend de vos objectifs et de votre taux d’imposition.
Consommer votre épargne en effectuant des retraits partiels permet de puiser avec souplesse dans vos placements, en fonction de vos besoins de trésorerie. Si vous vous êtes constitué un capital important, vous pouvez récupérer uniquement les intérêts produits annuellement. Pour 100 000 euros placés sur une assurance-vie rapportant 2,5% par an nets de frais et de prélèvements sociaux, vous pouvez toucher près de 210 euros de revenus mensuels complémentaires sans entamer votre capital. Si vous avez misé sur un plan d’épargne en actions (PEA) vous rapportant 4% nets, vous obtiendrez 333 euros par mois.
Ce revenu complémentaire sera peu fiscalisé s’il provient d’un PEA de plus de cinq ans ou d’une assurance-vie de plus de 8 ans : les gains récupérés seront exonérés d’impôt sans limite dans le premier cas, et à hauteur de 4600 euros (célibataires) ou 9200 euros (couples) par an dans le second. Faire des retraits sur votre plan d’épargne retraite (PER) vous coûtera en revanche plus cher si, comme la majorité des épargnants, vous avez défiscalisé vos versements à l’entrée. Vous payerez des impôts sur les gains et sur les versements, récupérés.
Dénouer votre PEA, votre assurance-vie ou votre PER en rente viagère permet d’être certain de toucher un revenu stable, et régulièrement revalorisé, jusqu’à la fin de votre vie. Le tout sans avoir à vous soucier de la mise en place de retraits programmés ou de l’évolution des actifs dans lesquels est investie votre épargne. Toutefois, le montant de la rente sera faible, et vous serez gagnant uniquement si vous dépassez votre espérance de vie. En outre, cette solution impose d’abandonner le capital accumulé au fil des ans à un assureur, capital qu’il conservera si vous décédez prématurément. Vos héritiers ne recevront rien, sauf à avoir souscrit une option de rente payante pour les protéger.
La rente viagère convient en priorité aux épargnants confiants dans leur longévité, sans descendants, souhaitant avoir des rentrées d’argent régulières mais craignant de ne pas gérer correctement leur capital dans la durée. Idéalement, elle doit être envisagée à partir de 70 ans pour bénéficier de revenus plus importants. À partir de cet âge, elle sera le moins fiscalisée, si votre rente provient d’une assurance vie, car vous serez soumis à l’impôt et aux prélèvements sociaux sur 30% de son montant seulement. La rente issue de votre PEA, elle, supportera les prélèvements sociaux sur la même base mais elle sera exonérée d’impôt. En revanche, la rente issue de votre PER sera taxée à plein, comme une pension de retraite, si vous avez défiscalisé vos versements, et soumise aux prélèvements sociaux sur les revenus du capital.