Deux nouveaux acteurs du monde du fitness s’affrontent : le CrossFit, mêlant renforcement musculaire et exercice cardiovasculaire, et l’Hyrox, y ajoutant de la course à pied. En quelques années, la France compte près de 700 salles de CrossFit quand l’Hyrox est déjà célébré au cours de 83 événements centralisés dans le pays. Des pratiques aux débouchés économiques multiples. Comment ces deux sports s’affrontent-ils ? Qui de l’Hyrox ou du CrossFit rapporte le plus ? Où se situent la France et l’Europe dans le monde ?
Hyrox, l’irrésistible ascension
Il aura fallu moins de dix ans à l’Hyrox pour passer d’une petite variante du fitness à un phénomène mondial. Créée par deux sportifs allemands en 2017, Christian Toetzke et Moritz Fürste, cette pratique consiste à réaliser 8 kilomètres de course entrecoupés de huit stations d’exercices (rameur, burpees sautés, poussée de chariot, fentes avec sac de sable sur le dos…). Elle mêle ainsi entraînement de force physique et endurance. Ce sport a depuis largement dépassé les frontières de l’Allemagne. Fin avril 2026, la nef du Grand Palais, à Paris, a accueilli près de 18 000 personnes rassemblées pour une gigantesque compétition dédiée à cette spécialité. 83 événements de ce type se sont déroulés en 2025.
Cet engouement survient après celui autour du CrossFit. Si les deux pratiques peuvent se ressembler, elles s’avèrent très différentes à y regarder de près. L’Hyrox est une course et une compétition. Le parcours est connu, simple, et permet aux participants de s’entraîner en ce sens. Le CrossFit s’avère un entrainement sportif, faisant travailler l’ensemble des muscles du corps. Il mélange renforcement musculaire, haltérophilie, force athlétique, exercices cardiovasculaires et mouvements gymniques. Il peut servir de système de préparation à une compétition Hyrox, un match de boxe ou une course en bateau. L’Hyrox et le CrossFit sont d’ailleurs en pleine phase d’hybridation avec des box CrossFit brandissant le label Hyrox pour attirer de nouveaux abonnés, et des amateurs de CrossFit se challengeant lors de compétitions d’Hyrox.
Sport vs compétition
Le modèle économique des deux entités diverge également. CrossFit comme Hyrox, sont des marques déposées. La première se structure en réseau de salles ou box. On en dénombre près de 700 en France. À chaque salle ouverte, une licence annuelle est reversée à la société CrossFit LLC. Le prix du cours avoisine la vingtaine d’euros. L’Hyrox appartient à la société allemande Upsolut Sport. Elle organise les compétitions et agrège la totalité des revenus issus des droits d’inscription pour les courses (entre 140 et 180 euros), du sponsoring ou encore des produits dérivés ou de la billetterie. L’entreprise espère atteindre les 100 millions de pratiquants dans le monde d’ici 2030 et vise une entrée aux Jeux Olympiques de Brisbane (Australie) en 2032. Si le CrossFit génère à l’année plusieurs dizaines de millions d’euros, l’Hyrox, en se basant sur des événements ponctuels où se mêlent billetterie, droit d’entrée et produits dérivés, devient encore plus rentable.
Un marché florissant
Pourtant, les deux pratiques restent les deux faces d’une même pièce : le fitness. Elles s’appuient là-dessus pour étendre leur modèle. En France, on compte aujourd’hui près de 7000 clubs de sport pour 7 millions de pratiquants. Leur chiffre d’affaires est évalué, selon le cabinet Epsimas, à 2,1 milliards d’euros en Hexagone, soit une croissance de 14,7% en un an. Près de 800 nouvelles salles de sport ont ouvert pour la seule année 2025. À l’échelle mondiale, le secteur du fitness pèse près de 142 milliards de dollars et devrait atteindre les 298 milliards à l’horizon 2034 selon le cabinet Business Fortune Insight.
Des sports déjà concurrencés
L’Hyrox et le CrossFit doivent aussi composer avec de nouveaux adversaires, comme le Swim’n rox. Ce fitness aquatique permet aux participants d’enchaîner 7 séries d'exercices physiques sur le bord de la piscine, entrecoupées de 100 mètres de nage. Lancé par le groupe Récréa en 2017, en association avec Speedo, le Swim’n rox permet de faire travailler l’ensemble du corps. Toutefois, cette discipline demeure confidentielle. Autre concurrent plus sérieux : l’ATHX Games. Contrairement à l’Hyrox, les mouvements spécifiques de l’ATHX Games varient d’une année sur l’autre pour offrir un défi sportif davantage varié aux participants. Il se décline en trois catégories, Lite (pour s’initier), ATHX (le standard compétitif) et Pro (le plus challengeant), ainsi que des formats en solo et duo. La compétition se découpe en 3 blocs distincts : le bloc strenght, où le sportif doit récupérer en un temps limité une charge maximum sur 3 mouvements de fitness fondamentaux, le bloc endurance de 22 minutes de haute intensité consistant en une alternance course et rameur sur des distances données selon les niveaux. Enfin, le bloc Metcon, un circuit de différents mouvements (fentes marchées, box jumps, sandbag carry…) est à terminer le plus rapidement possible. Si globalement, l’ensemble de ces pratiques sportives sont bonnes pour la santé, leur intensité nécessite une solide préparation physique. Les tendinopathies, périostites et autres douleurs lombaires sont monnaie courante en Hyorx, en ATHX ou en CrossFit. Ces sports se voient contre-indiqués pour les débutants ou les personnes à risque au niveau cardiovasculaire.